Dans le dernier numéro de La Décroissance[1] , Emmanuel Broto signe un bel article, « Et si nous avions passé le pic ? » qui compare deux chiffres très intéressants. La production mondiale de pétrole était de 86.1 millions de barils par jour en juillet 2006. C’est un record qui n’a pas été égalé depuis. En août 2007 la production était de 84.6 millions.
Cette baisse de la production qui explique, en partie, la hausse de la spéculation sur les prix de l’essence[2] , n’indique-t-elle pas que nous avons passé le pic pétrolier, c’est-à-dire le moment où l’offre baisse alors que la demande, elle, grimpe toujours ?
Si la hausse des prix à la pompe est ennuyeuse pour les revenus les plus modestes, la rareté du pétrole est un bien pour l’environnement.
Mais ce qui est frappant dans cette histoire c’est l’absence de réponse des pouvoirs publics.
Le Grenelle de l’environnement, orchestré par les services de communication de Jean-Louis Borloo, ne prépare en rien le passage de notre société vers l’après pétrole.
Bien au contraire le réseau ferroviaire est délaissé par l’Etat et se délite alors que les Conseils de région (socialistes) mettent de plus en plus de moyens pour pallier ce désengagement de l’Etat.
C’est ce que pointe le paysagiste Gilles Clément dans le même numéro de La Décroissance : « Jean-Louis Borloo nous promet 10 km/h de moins sur les autoroutes, quelle révolution ! Il vaudrait mieux apprendre à circuler par d’autres moyens, avec le train notamment. J’habite sur la ligne Paris-Limoges, et des trains Corail ont encore été supprimés récemment. Pendant qu’on parle au Grenelle, les préfets suppriment les trains en disant : « Ce n’est pas grave, les gens prendront les taxis. » (…) On se demande pourquoi les gens ne se révoltent pas.[3] »
L’Etat a les mains libres, la majorité des citoyens se tait. La droite préfère s’en prendre au personnel de la SNCF en nombre d’agents et en qualité de traitement.
La droite ne voit qu’à court terme : il est plus facile de dresser l’opinion publique contre les fonctionnaires en saupoudrant les médias d’écologie à deux balles que de développer un véritable service public préparant la fin du pétrole (et épargnant les revenus les plus faibles).
Armand, à tit’ perso !
Webographie :
[1] La Décroissance, n° 44, novembre 2007.
[2] Le prix du baril est passé de 25 à 90 $ de 2002 à 2007 !
[3] « Jardiner sans Sarkozy » entretien avec Gilles Clément, propos recueillis par Sophie Divry, page 11.






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